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Oh, rage ! Oh, désespoir ! Je suis atteint du syndrome de la surdose de nouvelles tragiques et désespérantes. Je n’arrive pas à faire abstraction du climat guerrier ambiant, de la démesure de meneurs totalement insensibles, aussi imbus d’eux-mêmes qu’assoiffés de pouvoir. C’est 130 conflits armés qui sévissent en ce moment à travers le monde. C’est le double d’il y a quinze ans et, pour une vingtaine d’entre eux, cela dure depuis plus de vingt ans. En Afrique seulement, on en compte une cinquantaine. Difficile de s’expliquer une telle barbarie, pour nous qui baignons dans le confort de nos maisons.

La psychologie animale nous enseigne que le chien, même domestiqué, cherche d’instinct à protéger sa nourriture. Chez les animaux sauvages, le manque de ressources peut amener les dominants à forcer certains plus faibles à quitter le groupe, mettant ainsi à risque la survie des exclus, mais pouvant, ce faisant, assurer la survie de l’espèce. Une piste pour comprendre le nombre de conflits entre humains, notamment ceux touchant les territoires ? Pas vraiment. Ou alors, il faudrait ajouter comme éléments indispensables à la survie de l’homo sapiens l’or, le cuivre, les métaux rares, le pétrole, et j’en passe.

L’espèce humaine a de la difficulté à s’élever au-dessus de ses origines animales, l’incitant à s’attribuer et contrôler un territoire. L’ennui tient à ce qu’elle s’y adonne trop souvent à de bien mauvais escients. Elle serait pourtant en mesure de faire beaucoup mieux en la matière, mais n’y arrive toujours pas. Force est de reconnaitre qu’elle traverse actuellement une bien triste et bien dramatique période. Ce n’est pas la première dans l’histoire de l’humanité, et sans doute pas la dernière, hélas. Et pourtant, pendant ce temps, des astronautes sont partis faire le tour de la lune ! Le pire et le meilleur.

Parlant du meilleur, je vais essayer de penser à autre chose. En cette année 2026, le mardi 7 avril est la Journée nationale des aidantes et aidants. Dans la nomenclature officielle, il s’agirait plutôt de la Journée nationale des aidants et aidantes. Caprice de la langue française. J’ai inversé l’ordre intentionnellement parce que 55 % de la proche aidance est assumée par des femmes et 45 % par des hommes1. Ce qui, statistiquement parlant, est une différence significative. On s’en doutait bien un peu. Non pas que les hommes soient naturellement moins sensibles à la misère de leurs proches, espérons-le, mais peut-être socialement et culturellement moins préparés à « prendre soin ». Allez savoir ! Cette journée nationale se tient annuellement le premier mardi du mois d’avril. Le beau côté de l’initiative est le souci qu’elle traduit d’une société qui veut encourager cette forme d’entraide et en reconnaitre les retombées positives.

Avril est un mois béni des dieux à plus d’un titre. Plus que mars, il marque le départ de l’hiver. Mais il a encore un autre atout. Il a aussi l’insigne honneur de me compter parmi ses hôtes. Eh oui, je suis né en avril. Quel chanceux tout de même ce mois ! Sur un registre plus solennel et moins narcissique, si mars est parfois l’hôte de Pâques, avril est bien davantage le mois de la Résurrection, dans un rapport de trois fois sur quatre. J’en sais quelque chose. Depuis ma naissance, ce jour de la résurrection a coïncidé avec ma date d’anniversaire en 1949, 1960 et 2022. Si je tiens encore onze ans, ce sera le cas une quatrième fois, en 2033. Mais ça me semble bien loin onze ans. De toute manière, trois fois, c’est déjà beaucoup. Et comment, le jour de ma fête, espérer concurrencer le dimanche de Pâques, ses célébrations, ses fleurs et ses chocolats ? Bien difficile de rivaliser avec la résurrection d’un Dieu. J’en ai pris mon parti et décidé d’oublier de vieillir ces dites années et de vieillir de deux ans l’année suivante. Hélas, ça ne m’a pas valu une double fête pour autant ces trois fois. Tant pis.

Vieillir, la belle affaire ! Et avril sera toujours là pour me le rappeler. À vrai dire, je n’en ai pas trop souffert mes cinq premières années de vie. Gazouiller, sourire, éclater de rire, attirer l’attention, m’époumoner pour qu’enfin on s’occupe de moi, apprendre à ramper jusqu’à savoir me tenir debout, puis marcher, mémoriser de plus en plus de mots, reconnaitre de plus en plus de visages, réussir à me retenir pour devenir propre et j’en passe. Les quelques rares souvenirs qu’il me reste de cette période de ma vie sont des souvenirs heureux. Ce sont des années lors desquelles on déploie le parachute avant de sauter dans la vie. Premiers balbutiements, ingénus et insouciants, mais universels et fondamentaux. Je m’abstiens de raconter la suite. C’est une tout autre histoire à l’endroit de laquelle je me garde encore une petite gêne…

1 Enquête sur la proche aidance au Québec en 2022. Appui 2022.

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